Essentiellement organique, la pollution générée par les effluents
vinicoles est quantifiée à partir des paramètres spécifiques suivants :
Détermination de MES (Matière en suspension)
Les MES caractérisent les éléments non solubles de la
pollution retenus par filtration ou
centrifugation. Elles sont exprimées en mg/L.
La détermination de matière en suspension dans les effluents
vinicoles s’effectue selon la méthode normalisée (NF T 90105, Juin 1978). Les
matières en suspension sont déterminées, en fonction du volume, après
dessiccation, à
105°C
.
Elles sont séparées de la partie aqueuse des effluents par filtration sur
fibres de verre ou par centrifugation. Auparavant les éléments grossiers en
suspension doivent être éliminés par passage sur un tamis et les dépôts restant
dans le flacon de prélèvement soigneusement repris. Cette détermination doit
être réalisée le plus rapidement possible après prélèvement et de préférence
sur la totalité de l’échantillon, en rinçant le flacon, de flacon à éviter les
pertes.
Détermination de
la DCO
(Demande chimique en
oxygène)
La mesure de
la DCO
correspond à une
estimation des matières oxydables présentes dans les effluents, indépendamment
de leurs origines minérales ou organiques.
La méthode officielle : la norme AFNOR NF T 90-101
d’octobre 1988 définit les conditions opératoires pour la détermination de
la
DCO.
Le
principe de cette méthode repose
sur une oxydation par un excès de dichromate de potassium, étant dosé par le
sulfate d’ammonium.
Cette méthode permet de
déterminer des DCO inférieures à 700
mg/L, au-dessus une dilution de l’échantillon est nécessaire. Le matériel de
laboratoire, l’utilisation de divers réactifs, les temps de mesure sont les
principales raisons de l’équipement des établissements vinicoles avec du
matériel de mesures rapides au détriment de la méthode normalisée.
Détermination de
la DBO
5 (Demande
biologique en oxygène)
La DBO représente la quantité totale de pollution biodégradable d’un effluent,
exprimée en mg/L d’oxygène. Elle correspond à la quantité d’oxygène nécessaire,
à des micro-organismes donnés, pour oxyder la partie des matières carbonées
biodégradables. Par souci de simplification, la durée de mesure peut être
ramenée à 5 jours au lieu de 21 jours (correspondant à la minéralisation
complète). Dans ce cas on parle de Demande Biologique en Oxygène à 5 jours (DBO5).
La méthode officielle : la norme AFNOR NF T 90-103 de
décembre 1975 définit les conditions opératoires pour la détermination de
la DBO
5. Le principe
de cette méthode repose sur une mesure de l’oxygène, ensemencé avec des germes,
puis placé dans une enceinte thermostatée à
20°C
. La mise en oeuvre
et la maîtrise de cette méthode normalisée est particulièrement délicate. Pour
les sites de production souhaitant déterminer
la DBO
5 de leurs rejets, il est préférable de s’orienter vers de laboratoires agréés ou de s’équiper de
méthodes commerciales.
L’azote
Il correspond à la teneur en azote organique et ammoniacal présent dans les effluents, exprimée en mg/L. Pour connaître la quantité global d’azote (NGL) contenu dans les eaux, il faut rajouter les nitrites et les nitrates.
Le phosphore
Il correspond à la teneur en phosphates (exprimée en mg/L de P) présent dans les effluents.
Caractéristiques des effluents en fonction de l’activité
| Effluents |
Caractéristiques |
| de vendange |
La consommation d’eau pour les activités liées au pressurage et au débourbage des moûts varient entre 0,7 et 1,3 litres d’eau par litre de moût. Les teneurs en matières organiques et en MES sont fonction de la récupération des bourbes. Certaines opérations, telle que le rinçage des cuves de débourbage, sont plus polluantes que d’autres. Lors du nettoyage de fin de vendange, les effluents rejetés présentent des pH plus basiques qu’en période d’apports de raisin. |
| de soutirage |
Les eaux de rinçage des cuves lors des premiers soutirages des vin sont caractérisées par des teneurs en MES plus importantes qu’en période de vendange, dues aux résidus de lies dans le cuves. Ces valeurs deviennent de plus en plus faibles au cours des soutirages ultérieurs, du fait de la clarification des vins. Les concentrations en DCO et DBO5 sont directement liées à l’attention portée, et sont de l’ordre de 0,7 à 1,9 litres par hectolitre de cuve. Ces volumes peuvent être plus conséquents si le lavage de la cuve est complété par un détartrage mécanique. |
| de filtration |
Les effluents de rinçage des filtres à kieselguhr, après filtration, sont caractérisés par des pH acides dus aux particules du vin retenues sur le filtre et par des concentrations en MES élevées dues aux terres de filtrations entraînées avec les eaux de lavage. Selon le mode de débâtissage, hydraulique ou mécanique, du gâteau de filtration, la charge polluante des effluents sera plus ou moins importante. Pour un débâtissage à sec, les concentrations des différents paramètres de pollution sont plus faibles que lors d’un débâtissage à l’eau. |
| de tirage |
Le rinçage de bouteilles neuves représente plus de 50% de l’eau consommée sur une journée de tirage. Cette eau, généralement peu polluante, peut, après vérification par des analyses, être rejetée dans le réseau d’eaux pluviales. Au niveau de la chaîne de tirage, les effluents proviennent des opérations de nettoyage, lubrifiant du convoyeur de bouteilles et de vin issu d’éventuelles casses de bouteilles. Les concentrations de DCO et en DBO5 sont faibles et les teneurs en MES quasiment nulles. Le p H de ces effluents est proche de la neutralité. |
| de dégorgement |
Sur une chaîne de dégorgement, les rinceuses de cols et de bouteilles représentent les postes les plus consommateurs en eau. Le dégorgement d’une bouteille nécessite entre 0,3 et 1,4 litres d’eau selon les installations. Ces valeurs moyennes tiennent compte des nettoyages de la chaîne. Le pH des effluents issus du nettoyage de la chaîne de dégorgement est proche de la neutralité. La présence de glycol ou saumure sur le col des bouteilles et les pertes de dépôt sont responsables de la pollution due au dégorgement. |
| de détartrage et de nettoyage |
L’emploi des produits de nettoyage a pour conséquence le rejet d’effluents très basiques ou très acides selon la nature des produits. Les concentrations en matières organiques et les teneurs en MES sont directement liées à la quantité de tartre ou de salissures éliminés. |
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