s
 
Cépage et climat
Accueil Guide des vins Photos Actualité Dégustation Viticulture biologique Champagnisation Vinification Réglementation Vin et santé Formations Lexique Travaux des élèves Jeux Forum
Adapter les cépages et ses pratiques à l’évolution du climat

Les producteurs de vins devront adapter leur choix de cépages et leur conduite du vignoble au changement climatique. L’Ifv les invite dès à présent à faire leur choix de cépages en conséquence.

La vigne est une plante rustique adaptée à la chaleur et à un certain manque d’eau. L’évolution du climat aura cependant sur la viticulture des conséquences non négligeables. Déjà, avec l’élévation des températures, les dates des vendanges ont gagné en moyenne trois semaines à un mois d’avance dans les vignobles français depuis 1940, selon Bernard Seguin, responsable de la mission Changement climatique et effet de serre à l’Inra d’Avignon.

L’augmentation de CO2 dans l’atmosphère va stimuler la photosynthèse. “Dans l’hypothèse d’un doublement du CO2 à la fin du siècle, la photosynthèse sera augmentée de 20 à 30%”, indique Jean-Luc Berger, directeur technique de l’Ifv . La croissance des feuilles de vigne va se trouver accélérée, à l’image du cycle entier. D’autre part, “les modifications de températures, de pluviométrie et de CO2 auront aussi des effets sur le métabolisme des espèces fongiques”, poursuit Jean-Luc Berger.

Différentes espèces de pénicillium sont apparues dans les vignobles de la moitié nord de la France et conduisent à la formation d’odeurs terreuses (géosmine) ou de champignon. Dans les vignobles du sud de la France proches de la Méditerranée, l’Aspergillus carbonarius est lui aussi en progression et entraîne la production d’ochratoxine A.

La composition des moûts sera elle aussi affectée. “La modification la plus tangible est l’augmentation de la teneur en sucre, la diminution de l’acidité et la modification des composés phénoliques”, détaille le directeur technique de l’IFV, également vice-président de la commission œnologie de l’OIV. Des outils de simulation permettent de se faire une idée plus précise des effets de l’évolution du climat par région viticole et par cépage. “La syrah cultivée dans la vallée du Rhône pourrait l’être en Val de Loire avec une augmentation de 2°C et en Champagne avec une augmentation de 4°C, avance Jean-Luc Berger. Compte-tenu de la durée de vie d’une vigne, il est particulièrement important d’anticiper le choix de cépage”.

De nouveaux hybrides

Il existe dans le monde environ 5 000 cépages, 2 000 hybrides, 300 porte-greffes et bien plus encore de clones. “Un travail dans les conservatoires pourrait permettre d’identifier des clones avec un cycle plus long, une acidité plus élevée, une teneur en sucre plus faible” poursuit le directeur technique de l’IFV.

La création de nouvelles variétés par hybridation de cépages peut être une voie à suivre : “le caladoc (grenache et côt), le marselan (grenache et cabernet sauvignon) apportent des réponses intéressantes au niveau de la qualité des vins. Quant au gamaret (gamay et reichtensteiner) il apporte une tenue sur souche à maturité et une résistance à la pourriture grise concluantes”.

Selon Jean-Luc Berger, des hybridations interspécifiques pourraient aussi conduire à de nouvelles variétés résistantes au mildiou, à l’oïdium “avec un bénéfice important sur l’environnement et in fine une amélioration du bilan carbone”.

Ingrid Proust/Ligérienne de presse

 

Creative Commons License
Ce site est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.  
Par Michel VERON - Collectif Photo-Reims
Annuaire vin