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La lutte contre les maladies des plantes est une préoccupation majeure de l’agriculture. On estime que dans le monde 30% des récoltes sont détruites au champ ou lors du stockage par les agents phytopathogènes.
L’application des fongicides constitue actuellement le principal moyen de protection des plantes.
Cette stratégie est certes efficace mais elle pose des problèmes de pollution diffuse, de risques possibles pour la santé humaine. Ce procédé est donc de moins en moins toléré par la société.
Dans leur environnement, les plantes sont confrontées à des virus, des bactéries, des oomycètes ou encore des champignons.
- Le rapport avec la vigne.
La diversité des terrains, les caractéristiques du porte-greffe et son installation pour plusieurs décennies nécessitent souvent une conduite différenciée et spécifique des conditions locales.
Il faut lutter contre plusieurs maladies pour avoir une vigne avec des grappes de qualité. La vigne peut subir les attaques de mildiou, d’oïdium, de botrytis…
- Pour réduire l’emploi des doses de fongicides, il y a peut-être une alternative.
Certaines molécules, appelées éliciteurs, d’origine végétale ou microbienne, peuvent servir de signal à la plante pour déclencher des réactions de défenses naturelles de celle-ci. Ce domaine de recherche ouvre la voie à de nouvelles stratégies en matière de lutte contre les agents phytopathogènes.
Eliciteur : En biochimie, eliciteur est une molécule produite par un agent parasite de plantes induisant la production de phytoalexines.
Phytoalexines : antibiotique produit par certains végétaux en cas d’agression bactérienne.
- Comment ça marche (Recherches, explications)
Depuis une quinzaine d’années, les chercheurs de l’INRA ont mené une série de travaux pour analyser les bases génétiques et moléculaires de la résistance des plantes aux pathogènes.
D’après ces recherches, les cellules végétales reconnaissent des molécules appelées communément éliciteurs présentes à la surface des pathogènes ou excrétées par ces derniers. Les voies de signalisation intracellulaire activées chez les plantes suite à la reconnaissance des éliciteurs impliquent des acteurs moléculaires jouant également un rôle clé dans la réponse immunitaire innée chez les insectes et l’homme.
Ces voies de signalisations convergent notamment vers la production de formes actives de l’oxygène, le renforcement des parois cellulaires et l’induction de gènes de défense dont les produits directs ou indirects peuvent contribuer à l’arrêt du développement du pathogène via leur activité anti microbienne.
- Un concept en voie de développement.
Un premier stimulateur naturel des défenses a été homologué sur vigne courant 2007 pour tester son efficacité.
Ensuite de nombreux travaux ont montré que l’application d’éliciteurs sur une plante, en activant préventivement ses réactions de défenses, conduisait à l’augmentation de sa résistance aux pathogènes et ainsi permettait de diminuer la quantité de fongicide nécessaire pour protéger une culture.
Peut-on dire que les SDN soient un substitut des pesticides ?
En l’état actuel, il y a de plus en plus de produits efficaces contre l’oïdium et moins contre le botrytis et le mildiou.
Mais quoi qu’il en soit, il faut savoir que cette génération de SDN est à effet partiel. Ils ne viendront pas en substitution du traitement mais pourront peut-être s’intégrer dans un programme fongicide. Le problème est que ces produits sont sensibles à la pression de la maladie.
Ainsi, si une année, la pression de la maladie est faible, l’efficacité du pourra atteindre les 80 %.Et puis, si l’année suivante, la pression de la maladie est forte, cette efficacité va chuter à 10 %. Le seuil minimum est d’obtenir 40 % d’efficacité. Et même si un produit est efficace à 40 % ou 60 % sur l’oïdium, son application permettra- t-elle de réduire les quantités de souffre ? Il n’y a toujours pas de réponse pour le moment. La recherche doit continuer pour sélectionner des produits plus efficaces.
Malgré des chiffres encore faibles de son efficacité, il y eu commercialisation (par samabrol) et utilisation de stimulateurs de défenses naturelles de la vigne. |