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Par Agathe et Victor - 1er février 2012
Geoffrey ORBAN parcourt la France pour comprendre, identifier et analyser les différents sols des régions viticoles françaises, et établir la relation entre ces sols et les caractéristiques organopletiques des vins dont ils sont issus. Pour en savoir plus, rendez-vous sur son site : http://www.educavin.com
Il nous a guidé, le temps d'une dégustation de vins de base de Champagne de la Coopérative des anciens élèves du Lycée Viticole de la Champagne, le Champagne Sanger. Quatre parcelles sur quatre terroirs de la Côte des Blancs, dans les Grands Crus d'Avize et Oger ont ainsi fait l'objet de notre attention au cours de l'après-midi :
Présentation générale du sol de la Côte des Blancs :
La formation du sol champenois date d’environs 70.000.000 années lorsque la mer était présente en Champagne. Il y eut la création de microporosités dans la craie érodée. On trouve essentiellement des dépôts de cailloux ainsi que du calcaire jusqu’au bas de coteaux.
Il faut tenir compte de la forêt au sommet des coteaux, et de l'ombre des arbres sur le vignoble.
Chacun de ces facteurs a une influence sur le caractère des vins obtenus. Par exemple, la craie du sol apporte une touche douce et tendre avec une attaque en bouche assez souple. La présence de minéraux dans le sol peut donner de l’acidité, un effet de fraîcheur, une tonalité supplémentaire au vin.
Première parcelle : Maladries – Avize - Bas de Coteau
Dégustation du vin de base de la parcelle :
- Nez : fraîcheur, minéralité pierreuse, agrumes.
- Bouche : souplesse et acidité tendue, un final persistant
Ce vin clair exprime belle longueur en bouche. ainsi que l’aspect « pentu » du produit qu’il juge excellent pour devenir un champagne brut sans année, idéal pour accompagner l’apéritif. L ' intervenant nous fit remarquer que de délicieux arômes se dégageaient d’un verre vide.
Deuxième parcelle : Barbettes – Oger – Pied de coteau
Sol clair et présence de cailloux de craie jaune, cailloux de pierres meulières avec une matrice plus lourde mais également du sable argileux sur craie. Le sol de l'inter rang est couvert d'écorces fraîchement épandues.
Dégustation du vin de base de la parcelle :
- Nez : densité et puissance, sans doute grâce aux minéraux. Des arômes d’agrumes, de végétaux, de fenouils et de la fraîcheur
- Bouche : profondeur liée à l’argile. On remarque qu’il nous reste en bouche une salive importante, un côté salé dû au sable. La raison pour laquelle ce vin a une certaine puissance s’explique par le fait qu’on est proche du coteau
Ce vin de base devrait donner un Champagne qui demandera un peu de temps pour s'affiner.
Troisième parcelle : Dhymens – Oger – Mi coteau
Un sol très peu profond mais plus sablonneux que les précédentes parcelles. Des éléments tels que le silex, différents types de calcaires, comme la craie qui restitue beaucoup de minéraux sont présents sur cette parcelle.
Dégustation du vin de base de la parcelle :
- Bouche : une impression de lessivage, minéralité, élégance
Un vin de base parfait pour servir de base à l'élaboration d'un Champagne d'assemblages, voir, lorsque l'année le permet, pour l'élaboration d'un Champagne millésimé.
Geoffrey ORBAN a fragmenté des morceaux de silex et de craie pris sur la parcelle dans l’eau, et après un certain temps de macération, nous avons pu constater que les arômes de craies et de silex dégagés par la solution présentaient une certaine similitude avec ceux du vin de base de la parcelle.
Quatrième parcelle : Roches – Avize – Haut de coteau
Elle est exposée à l’Est voir au Nord-Est en lisière de forêt. Le sol est argileux, jaune, sablonneux et caillouteux mais on n’est pas sur de la craie.
Dégustation du vin de base de la parcelle :
Il y a de la fluidité amenée par le sable. Du mordant en profondeur, certaainement du à l'effet de « masque », c’est-à-dire au fait qu'il y a moins de soleil à cause de la forêt. Un vin ayant une bonne fraîcheur, du "peps ", assez puissant.
Un vin de base utile comme vin de réserve, pour l'élaboration des Champagnes des années suivantes.
Un bel après-midi pleine de découvertes, très enrichissant, malgré le froid …
Merci à Geoffrey Orban. |